Couleurs des pierres

Publié le par Julia Boschiero

couleurs pierres
Bien que j'avais depuis longtemps envie de faire quelques articles sur des notions basiques de minéralogie, je n'ai pas réussi à trouver l'inspiration pour l'instant.

Ce manque de mon blog va petit à petit se combler, et pour commencer cette série d'articles j'ai décidé de vous parler de l'origine des couleurs d'une pierre. Je ne vous parlerai dont pas dans cet article des effets et rayonnements énergétiques de la couleur, mais des éléments au sein de la pierre qui la provoquent.
Certaines caractéristiques de couleur des pierres me fascinent et j'espère que vous tiendrez le coup jusqu'à la fin de l'article pour les découvrir.

Le principe permettant à chaque pierre d'avoir la couleur que nous voyons est le même que pour tout objet : la lumière blanche (contenant toutes les nuances du cercle chromatique) se reflète sur la pierre. Les éléments présents dans celle-ci vont alors absorber certaines couleurs et en refléter d'autres. Les couleurs ainsi reflétées sont celles que nous voyons et interprétons comme la couleur de la pierre.

Il existe différentes façons pour une pierre d'obtenir sa couleur, ce qui classe les pierres dans différentes catégories en fonctions des caractéristiques que nous allons voire maintenant :

- Les pierres allochromatiques : Elles tirent leur couleur "d'impuretés" présente dans la pierre en très faible quantité et qui n'apparaissent pas dans la composition chimique.
C'est le cas par exemple des quartz colorés (quartz rose, quartz fumé, améthyste, critrine) qui ont tout pour composition chimique SiO2 mais par les mêmes couleurs. Ainsi l'améthyste se colore grâce à la présence d'ions Fe3+, la citrine est obtenue à partir d'améthyste exposées naturellement (et malheureusement parfois artificiellement) à une source de chaleur de 400 à 500 °C afin de faire muter les ions Fe3+ en Fe2+, et le quartz fumé obtient sa teinte brune suite à l'exposition du quartz à des rayons gamma, qui entraînent l'absorption d'ions Al3+ et Na+ ou H+.

- Les pierres idiochromatiques : elle obtiennent leur couleur grâce à des éléments inhérents à leur composition chimique. Ces pierres ont d'ailleurs souvent des teintes très caractéristiques et peu sujettes à mutation.
On trouve par exemple dans cette catégorie le péridot (ou olivine) ainsi que le grenat almandin, tous deux colorés par l'ion Fe2+, qui placé dans des environnement de liaisons différents avec les éléments qui l'entourent donne des couleurs différentes (vert pour le péridot, rouge pour le grenat almandin).

- Les pierres à inclusions : Certaines pierres obtiennent leur couleur par inclusion en leur sein d'autres pierres. Toutes les pierres à inclusion ne sont pas intégralement de la couleurs de la pierre qu'elles contiennent (exemple des inclusions dans le quartz de rutile ou de tourmaline noire qui sont visible mais qui ne changent pas intégralement la couleur translucide du cristal de roche), mais c'est le cas pour certaines.
Par exemple l'aventurine verte tire sa couleurs d'inclusions de chlorite tandis que la rouge l'obtient d'inclusions d'hématite. On trouve également les quartz bleus, dont la rareté et le prix varient en fonction de la pierre qui leur donne leur couleur (un quartz bleu qui obtient sa couleur d'inclusions de dumortierite sera beaucoup plus abordable d'un autre qui a des inclusions de tourmaline bleue).

D'autre part il existe certains cas particuliers, certaines pierres aux couleurs atypiques, voir aux couleurs changeantes.

- Le panachage : les pierres panachées ont plusieurs couleurs réparties soit inégalement, soit dans le sens de la croissance du cristal.
L'exemple le plus connu de pierres panachées sont les tourmalines : la tourmaline melon d'eau est une pierre bicolore rose et verte, tandis que des tourmalines dites multicolores, vertes, roses et bleues se trouvent également mais très rarement sur le marché.
watermelon jonas

- Le pléochroisme : Ce terme barbare indique chez certaines pierres gemmes (~ translucide) des changement de couleur parfois forts et parfois plus subtils de la pierre en fonction de la façon dont elle est exposée à la lumière. Ce sont là les changements de couleur les plus spectaculaires que l'on trouve en minéralogie. Le phénomène le plus courant de cette catégorie est le dichroisme (il existe également des trichroisme bien plus difficiles à observer), par lequel une pierre possède deux couleurs visibles alternativement en fonction de l'exposition.
Ainsi la cordiérite (ou iolite) est une pierre bleu violacée sous certains angles et brun beige sous d'autres. La tanzanite varie de la même façon entre le bleu et le violet, et l'andalousite gemme entre le rouge brun et le vert olive. Un cas particulier de dichroisme est celui de l'alexandrite, chrysobéryl très rare, qui passe du vert au rouge en fonction du type de lumière auquel il est exposé (vert à la lumière du jour, rouge à la lumière artificielle).
pleochroism iolite

Voilà pour ce petit exposé des caractéristiques liées à la couleur des pierres, en espérant que la prochaine fois que vous irez dans un musée ou dans une bourse aux minéraux vous prendrez le temps d'observer ces phénomènes.

Commenter cet article

Jean Marc Libon 08/02/2010 04:19


Bonsoir,
Merci pour cet article intéressant ainsi que pour toutes ces belles photos de minéraux...
La présentation de votre site est magnifique: C'est comme si on tenait un livre splendide entre les mains...
A bientôt!


Julia Boschiero 08/02/2010 08:47


Bonjour Jean-Marc,

Je suis contente que la nouvelle présentation vous plaise, elle m'a demandé pas mal de travail ces derniers temps.

Je ferais de mon mieux pour garder le blog aussi agréable.

Salutations.